14 novembre 2023

Le marché de l’emploi se porte bien au Bas-Saint-Laurent

Rédigé par Marguerite Morin, journaliste à Ici Bas-Saint-Saurent. Photo d’archives de Radio-Canada.

Le Bas-Saint-Laurent est actuellement la région du Québec qui connaît la plus forte croissance du nombre de personnes sur le marché du travail.

Entre le deuxième et le troisième trimestre de 2023, 4500 emplois ont été pourvus en plus au Bas-Saint-Laurent.

Il s’agit d’une augmentation de 5 %, alors que le Québec demeure relativement stable avec une augmentation de 0,2 %, selon les données de Services Québec.

"Au Bas-Saint-Laurent, on voit une résilience du marché du travail. Là où le Québec a stagné au niveau de l’emploi, le Bas-Saint-Laurent a une augmentation des emplois", résume l’économiste régional à la direction générale de Services Québec au Bas-Saint-Laurent, Alexandre Gauthier Belzile.

Selon son analyse, de multiples facteurs peuvent expliquer cette augmentation, notamment la hausse de la population active et le nombre de postes vacants.

C’est sûr que cette population active, c’est plus de main-d’œuvre disponible. Mais si on n’avait aucun poste vacant au Bas-Saint-Laurent, l’augmentation de la population active n’aurait pas [entraîné] une augmentation du nombre d'emplois, parce que les chercheurs d’emploi n'auraient pas réussi à se trouver un emploi, explique l’économiste.

Les données du deuxième trimestre de cette année dénombrent 3300 postes vacants dans la région. Les secteurs de la construction (près de 500 postes vacants), de la manufacture (près de 700 postes vacants) ainsi que de l’hébergement et de la restauration (près de 400 postes vacants) sont notamment ceux qui ont le plus de postes à pourvoir.

Les données du troisième trimestre vont sortir au mois de décembre, et c’est là vraiment qu’on va pouvoir regarder si cette augmentation d’emplois entre le deuxième et le troisième trimestre a aussi résulté d'une diminution des postes vacants, vu qu’il y a beaucoup de monde qui a réintégré le marché du travail, précise Alexandre Gauthier Belzile.

"La diminution d’emplois dans un secteur n’est pas nécessairement parce que ça ne va pas bien, ça peut être parce qu’il y a des besoins de main-d'œuvre qui ne sont pas répondus." Alexandre Gauthier Belzile, économiste régional à Services Québec

Portrait des chercheurs d'emploi

Le portrait des chercheurs d’emploi bas-laurentiens est très diversifié, selon les organismes qui œuvrent en employabilité dans la région.

"On a autant des travailleurs expérimentés que des gens qui n’ont pas travaillé depuis 10 ans jusqu’à des diplômés sans expérience", témoigne Joanie Dubé, directrice adjointe de La Sphère à Rimouski.

L’élément qui change depuis quelques années dans le portrait de la clientèle de La Sphère, selon Mme Dubé, est l’augmentation du nombre de personnes issues de l’immigration qui font appel aux services de son organisme. C’est rendu 30 % de notre clientèle, précise-t-elle.

Même son de cloche du côté de l’organisme Univers Emploi, situé à Rivière-du-Loup. Souvent, les nouveaux arrivants nous demandent de leur bâtir un CV et de les orienter, mentionne Mylène Charest, conseillère en emploi.

Les deux organismes remarquent également une augmentation des retraités ou des gens âgés de 65 ans et plus qui effectuent un retour sur le marché du travail.

"Pour certains, c’est peut-être par ennui, mais pour d’autres c’est que finalement ils ont une précarité financière depuis qu’ils sont à la retraite, ce qui les pousse à retourner sur le marché du travail", explique Joanie Dubé.

Le maintien d’un emploi demeure un défi constaté par les deux organisations, qui offrent aussi des services de suivi à l’emploi. Avec le nombre d’emplois disponibles, les gens ont plus de facilité à laisser partir un emploi pour aller dans un autre milieu, fait valoir Mylène Charest.

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